Dégranulation mastocytaire… tout pour vous plaire !

Vous entendez souvent ces 2 mots : dégranulation mastocytaire.

Ils font partie de votre quotidien de malade si vous avez un syndrome d’activation mastocytaire ou une mastocytose.

Dans l’article sur l’histamine, je vous ai expliqué de façon détaillée le rôle de celle-ci au sein de notre organisme et tout le processus entre le contact avec l’allergène et les symptômes.

Ici, le but est plutôt de s’attarder sur la définition d’un mastocyte et son action propre.
Et pourquoi il nous joue des sales tours dès que nous sommes en contact avec un facteur déclencheur.

Quel est son lien avec notre système immunitaire ?
De quoi se compose-t-il et quelle est son action ?
Comme se passe une dégranulation mastocytaire anormale, comme dans le cas de nos maladies ?

Image 3D d'un mastocyte en dégranulation

Image en 3D d’un mastocyte libérant de l’histamine

Comment fonctionne le système immunitaire ?

Il a pour mission de protéger l’organisme contre des intrus étrangers ou dangereux (ex : bactéries, virus, champignons, parasites, cellules cancéreuses, tissu greffé).

Face à ces envahisseurs, le système immunitaire doit être capable de distinguer les bons (ceux qui appartiennent à notre corps) des méchants (ceux qui sont extérieurs à notre corps).

Dans une action normale, le système immunitaire va :

1/ identifier l’intrus qui pourrait être dangereux,
2/ activer toutes les solutions possibles pour se défendre,
3/ attaquer cet intrus,
4/ contrôler l’intrus et l’éliminer.

Le système immunitaire est très efficace mais il peut présenter des anomalies :
– notre corps n’arrive pas à mettre en place ces étapes. On parle de déficit immunitaire.
– notre corps génère ces étapes, mais contre lui-même. On parle de maladies auto-immunes.
– notre corps fait ces étapes, mais de façon excessive, parfois même contre des intrus qui sont inoffensifs. On parle de réaction allergique.

Les chercheurs ont distingué 2 catégories de système immunitaire :
– le système « inné » sur le très court terme : c’est la 1ère ligne de défense face à un intrus. Il se mobilise très rapidement.
– le système « adaptatif » sur le long terme : il reconnaît les intrus et garde en mémoire la façon de les combattre lors d’une prochaine rencontre.

Selon ces infos, le mastocyte :
– fait partie d’une réaction excessive du système immunitaire,
– fait partie du système immunitaire inné (donc réaction à court terme).

Qu’est-ce qu’un mastocyte ?

Sa composition

C’est une cellule de forme ovale de 15 à 30 micromètres.

Le mastocyte possède un noyau (comme toute cellule), mais aussi tout un tas de petits sacs appelés granules avec des tailles variables.

Ces granules sont capables de secréter des centaines de molécules, protéines et substances, appelées médiateurs chimiques.
L’histamine est le médiateur le plus connu mais on peut aussi citer : tryptase, prostaglandine, leucotriène, héparine (anti-coagulant), cytokine (messager assurant la communication entre les cellules du système immunitaire), …

À lui tout-seul, le mastocyte est donc une vraie pharmacie !

Il est par exemple admis que ce sont nos mastocytes qui nous permettent de lutter contre les venins de serpents, d’abeilles, …

Il assure aussi des fonctions essentielles comme la coagulation (visant à cicatriser) ou une protection antiparasitaire.

Il a une durée de vie relativement longue comparé à d’autres cellules. Sa maturation, c’est-à-dire le temps pour devenir « adulte, est de 2 à 3 mois, ce qui est long par rapport à d’autres cellules.

Tout au long de sa vie, le nombre de ses granules augmente sans cesse.

Ressource : spécial Accès Premium

Liste des principales substances secrétées par les mastocytes.
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Sa localisation

Le mastocyte trouve son origine dans la moelle osseuse.

En circulant dans le sang, il se retrouve ensuite dans tout le corps et se localise principalement dans :
– les muqueuses : tube digestif (estomac, intestins, …), appareil respiratoire (poumons, bronches,…), appareil uro-génital (vessie, vagin, utérus, …),
– d’autres organes : peau, cerveau, …

Pour la p'tite histoire

Les chercheurs ont retrouvé des mastocytes dans des organismes vieux de plus de 450 millions d’années.
Mais c’est seulement en 1878 qu’ils ont été découverts par Paul Ehrlich (1854-1915), un scientifique allemand. Celui-ci a observé une cellule avec une très grande quantité de granules à l’intérieur. Il a alors décidé de la nommer « mastzellen » signifiant « cellule bien nourrie ». C’est de là que vient le mot « mastocyte » (« mast cell » en anglais).

Dégranulation mastocytaire : mastocytes et système immunitaire

Comme vu plus haut, les mastocytes sont une composante importante de notre système immunitaire.

Parmi les cellules qui aident à préserver notre immunité, les mastocytes sont celles qui ont le plus large panel de mécanismes.
Ce sont de vraies sentinelles pour notre corps !

Leur rôle principal est de détecter l’intrus potentiellement dangereux (= l’allergène) ou une situation qui pourrait être inflammatoire.
Ils intègrent cette information, l’analysent puis apportent une réponse avec un enchaînement d’événements qui permet un retour à la normale dans notre corps.

Voici le processus normal :

Certains globules blancs de notre corps produisent classiquement des anticorps IgE.
L’intrus se fixe sur ces IgE qui eux-mêmes se fixent sur les mastocytes.

Les mastocytes comprennent que quelque chose ne va pas et réagissent en s’activant.

Avec l’activation, leurs granules libèrent, de façon contrôlée, des substances (histamine, tryptase, …) qui vont s’attaquer à l’intrus. C’est ce qu’on appelle la dégranulation.

Cela permet d’éradiquer le danger et d’apporter une réponse immunitaire adéquate très rapide et efficace. Fin de partie pour l’intrus.

Dégranulation d'un mastocyte

Comment se passe une dégranulation mastocytaire anormale ?

Nous venons de voir le processus sain de dégranulation.

Cependant, en cas de dysfonctionnement, notre système immunitaire peut être submergé et réagir de façon excessive.
Dans ce cas, les mastocytes deviennent suractifs et réagissent de façon incontrôlée.

Ils peuvent :
libérer une trop grande quantité de substances (ex : histamine),
– et/ou réagir à des stimuli ordinaires qui ne le nécessitent normalement pas (ex : un aliment, une odeur, …).

Cela entraîne alors une réaction inflammatoire et des allergies ou des intolérances avec des symptômes variés.

Si la quantité d’histamine libérée par les granules est totalement disproportionnée, on assiste alors à un choc anaphylactique (une injection d’adrénaline permet de contrer les effets de l’histamine).

Cas particulier : rôle du stress

Les mastocytes sont souvent associés avec les neurones.
Ces derniers produisent aussi des médiateurs chimiques qui agissent sur les cellules du système immunitaire.

Or, des études récentes à la fin des années 90 ont démontré qu’un stress important peut entraîner une dégranulation des mastocytes.

En effet, suite au stress, les mastocytes libèrent de l’histamine et de la tryptase qui rendent les neurones hyperexcitables, entraînant alors des symptômes neurologiques.

Il a aussi été observé que certains mastocytes contiennent de la sérotonine en faible quantité (elle régule notamment notre humeur et joue un rôle dans les dépressions).

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez une explication médicale pointue, vous pouvez lire la thèse de Régis Joulia.

« Etude de la dynamique de dégranulation des mastocytes »
Résumé action mastocyte

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