Qi Gong et Do-In : voici deux pratiques qui vous sont peut-être inconnues. Et pourtant… Elles méritent une place de premier choix au cœur de notre prise en charge.
Je vous en parle souvent : la « prise en charge » concerne bien sûr la médecine allopathique, mais aussi la santé fonctionnelle, l’alimentation, ainsi que la gestion des émotions et du stress. Ce dernier volet est souvent délaissé, alors qu’il est tout aussi primordial qu’un antihistaminique. À ce titre, je vous avais déjà parlé de la cohérence cardiaque et de la méditation, que vous pouvez pratiquer facilement chez vous.
Pour beaucoup d’entre nous, les douleurs et les autres nombreux symptômes, ainsi que les tendinites à répétition, et parfois l’ostéoporose associée, découragent la pratique d’activités qui peuvent nécessiter de faire des mouvements « difficiles ». C’est le cas par exemple de la gym, du Pilates, voire même de certaines formes de yoga.
Cette année, j’ai découvert le Qi Gong et le Do-in, deux pratiques aux mouvements doux, qui me paraissent particulièrement bien adaptées dans le cadre de nos maladies et de leurs symptômes (histaminose, SAMA, mastocytoses).
Dans cet article, je vous présente ces pratiques.
SOMMAIRE
– Méridiens et points d’acupuncture
– Le Qi Gong ou le souffle millénaire chinois
– Mieux le comprendre pour mieux le pratiquer
– Quelle différence avec le Taïchi Chuan ?
– Différentes formes de Qi Gong
– Bienfaits du Qi Gong
– Le Do-In ou l’automassage traditionnel japonais
– Une origine dans la médecine traditionnelle chinoise
– Points d’acupuncture et méridiens
– Bienfaits du Do-In
– Comment pratiquer le Qi Gong et le Do-In ?
– Mon expérience
Alors que le yoga est issu de la tradition indienne, le Qi Gong et le Do-In prennent racine respectivement dans les traditions chinoise et japonaise, cherchant à reconnecter et à harmoniser le corps et l’esprit.
Ces deux pratiques sont bien adaptées à des personnes souffrant de maladies chroniques et peuvent devenir une excellente forme d’activité physique adaptée (APA).
Ces techniques ne se substituent pas à un traitement médical ni à l’avis d’un professionnel de santé.
Méridiens et points d’acupuncture
Selon la médecine traditionnelle chinoise, tout dysfonctionnement du corps serait dû à une mauvaise circulation de l’énergie vitale, le « Qi ». Il est l’une des cinq substances circulant dans le corps (avec le sang, les liquides organiques, les esprits et les essences), servant à maintenir l’organisme dans un équilibre harmonieux. Le Qi nous maintient en vie. Il est constitué de l’énergie Yin et de l’énergie Yang (vous en avez certainement déjà entendu parler !). Lorsque l’une de ces deux énergies est en excès ou en défaut dans une partie du corps, cela peut provoquer un déséquilibre, avec des douleurs et des maladies physiques et psychiques.
Tout comme le sang dans les veines, l’énergie (le Qi) circule dans le corps suivant des méridiens, au nombre de 12. Lorsqu’un méridien est obstrué, l’énergie s’accumule dans l’un des points du parcours de ce méridien. À l’inverse, l’énergie peut ne pas circuler suffisamment.
Chaque méridien correspond aussi à un organe (foie, vessie, estomac, intestin grêle, poumon, rein, etc.). Si un organe reçoit trop d’énergie, ou au contraire pas assez, il se dérègle et n’assure plus correctement sa fonction vitale.
Selon la médecine traditionnelle chinoise, le fait de toucher certaines zones spécifiques du corps permettrait de débloquer et de rétablir la circulation de l’énergie vitale, ainsi que de rétablir le fonctionnement normal de l’organe lié. Ces zones de toucher sont des points d’acupuncture situés le long du trajet des méridiens. Ces points d’acupuncture peuvent être travaillés soit en acupuncture, soit en acupression (fait par une tierce personne ou par soi-même, selon les endroits).
Quelques exemples des points les plus connus : à la base du crâne, entre le pouce et l’index, sous le nombril, sous le genou, sur le haut de la tête, etc.
Le Qi Gong ou le souffle millénaire chinois
Mieux le comprendre pour mieux le pratiquer
Le Qi Gong est parfois orthographié « qigong » ou « chi kung », et se prononce « tchi gong ».
Il a été développé en Chine il y a des milliers d’années dans le cadre de la médecine traditionnelle chinoise. Historiquement, le Qi Gong aurait été introduit en France au XVIIIème siècle sous Louis XIV par les missionnaires jésuites revenus de Chine. Toutefois, c’est surtout grâce aux communautés chinoises expatriées que le Qi Gong s’est développé en Occident au XXème siècle. Et il suscite un intérêt grandissant depuis une dizaine d’années.
Le mot Qi Gong est composé des termes :
– « Qi », signifiant souffle ou énergie. De façon imagée, son idéogramme représente la vapeur d’eau qui s’échappe de la marmite dans laquelle cuit le riz.
– « Gong » signifiant travail conscient et régulier. Son idéogramme représente les mots travail, accomplissement et aptitude.
Le Qi Gong est donc l’art de maîtriser l’énergie et le souffle. Il se rattache aux techniques énergétiques chinoises, qui sont l’une des cinq branches de la médecine traditionnelle (avec l’acupuncture, la diététique, la pharmacie traditionnelle et les massages Tui Na).
Le Qi Gong est une forme d’exercice corporel avec des postures et l’apprentissage de mouvements, le tout associé à une respiration consciente et à la méditation. Cela permet de dynamiser son Qi, présent dans le corps et l’esprit, et d’harmoniser le flux d’énergie circulant dans le corps. Il comporte donc une composante à la fois psychologique et physique.
Quelle différence avec le Taïchi Chuan ?
Le Qi Gong est souvent associé au Taïchi. Toutefois, ces deux pratiques sont sensiblement différentes.
Le Taïchi trouve son origine dans les arts martiaux anciens. C’est une gymnastique énergétique ayant pour objectif principal d’apprendre des mouvements d’attaque et de défense, tout en intégrant une dimension spirituelle. Toutefois, au fil du temps, il s’est concentré de plus en plus sur la santé et la réadaptation.
Le Qi Gong, quant à lui, est plutôt considéré comme une gymnastique thérapeutique, dont l’objectif principal est de préserver une bonne santé physique et mentale. Ce dernier sera donc plus particulièrement destiné aux personnes souffrant d’une maladie chronique, avec un enchaînement de mouvements effectués dans le calme et sans effort musculaire ni respiratoire.
Enfin, les mouvements du Taïchi sont plus difficiles à apprendre et à maîtriser que ceux du Qi Gong, car ils doivent respecter un enchainement, dans un ordre précis.
Différentes formes de Qi Gong
Aujourd’hui, il existe plusieurs formes de Qi Gong, suivant l’axe donné (santé, renforcement interne, méditation, objectif martial, etc.), avec des exercices plus ou moins dynamiques selon les formes.
Les techniques plus dynamiques (actives) proposent des mouvements sur l’ensemble du corps, des bras et des jambes. Les techniques plus méditatives (passives) se pratiquent avec des postures pouvant être maintenues dans le temps, et des exercices de respiration et de concentration (il peut n’y avoir presque aucun mouvement).
Toutefois, parmi toutes ces formes, l’esprit global du Qi Gong est conservé avec :
– une respiration lente, longue et profonde,
– des mouvements doux et fluides, adaptables à la capacité de chacun, avec étirements, ondulations…,
– des postures statiques,
– une régulation mentale incluant la visualisation et la concentration de l’attention,
– parfois des exercices d’automassage.
Bienfaits du Qi Gong
Depuis une dizaine d’années, diverses études ont déjà prouvé les bienfaits du Qi Gong. Elles ont toutefois été réalisées sur des petits groupes de personnes, donc c’est à chacun d’évaluer le bien-être apporté au travers d’une pratique régulière.
D’ordre général, le Qi Gong vise à renforcer la santé globale et le système immunitaire, ainsi qu’à favoriser le bien-être physique et mental. L’axe est notamment mis sur les capacités respiratoires et circulatoires, la gestion des émotions et du stress, le renforcement musculaire et articulaire, ainsi que sur l’assouplissement du corps.
Le Qi Gong pourrait aussi être bénéfique pour réduire la douleur chronique et améliorer la qualité du sommeil. La durée de la pratique influence les résultats, puisque, selon diverses études, les bienfaits se font sentir à partir de 6 semaines et sont plus importants après 6 mois.
De plus, le Qi Gong pourrait avoir des effets positifs sur l’anxiété et le stress, tout en améliorant les facultés de concentration et de mémoire après 3 mois. Les études révèlent que cela peut être atteint avec une pratique réalisée 3 à 6 fois par semaine.
Enfin, la pratique régulière du Qi Gong peut permettre :
– d’équilibrer la glycémie pour les personnes souffrant de diabète de type 2,
– de diminuer le risque de complications ou de récidive dans les maladies cardiovasculaires stabilisées,
– de mieux réguler la tension artérielle (hyper- ou hypotension).
Le Qi Gong n’est bien sûr pas un remède, mais plutôt une technique permettant d’activer les mécanismes d’autoguérison. Il est aussi utilisé en prévention, ou pour améliorer la qualité de vie des personnes malades et/ou âgées.
Le Do-In ou l’automassage traditionnel japonais
Une origine dans la médecine traditionnelle chinoise
Points d’acupuncture et méridiens
Bienfaits du Do-In
Comment pratiquer le Qi Gong et le Do-In ?
Les enseignants de Qi Gong et de Do-in n’ont pas besoin d’être agréés. Toutefois, pour un gage de qualité, la Fédération des enseignants de Qi Gong délivre un diplôme fédéral et il existe aussi un certificat fédéral d’aptitude d’animateur Do-In.
Une séance de Qi Gong dure entre 45 min et 1h.
Pour le Do-In, les séances sont à peu près de même durée, mais il peut aussi se pratiquer chez soi. En effet, son grand avantage est qu’il nécessite peu de temps et d’espace et aucun équipement particulier. Il peut donc se faire n’importe où et à tout moment de la journée. C’est une pratique simple qui peut facilement être intégrée à la vie quotidienne. Toutefois, cela ne s’apprend pas seul, l’idéal étant bien sûr de suivre un cours régulier.
En général, les séances sont différentes chaque semaine, et chaque séance peut être suivie indépendamment des autres.
Suivant l’enseignant, la pratique peut se faire debout, assis ou allongé sur un tapis (pour le Do-In), ou en alternant ces positions. Des cours spécifiques peuvent être proposés avec une position uniquement assise. Ceux-ci sont alors bien adaptés à nos maladies, en cas de symptômes particuliers (douleurs, vertiges, etc). L’enseignant peut aussi adapter individuellement les positions en fonction de l’état de santé de chacun.
Une pratique régulière avec un cours hebdomadaire sur plusieurs semaines/mois est un minimum pour ressentir les bienfaits.
Enfin, concernant les contre-indications, il n’y en a pas vraiment. Le Qi Gong et le Do-In peuvent être pratiqués quels que soient la condition physique et l’âge, jusqu’à un âge avancé pour les seniors. En toute logique, il convient de ne pas exercer de pressions sur une plaie, une lésion, ou une fracture. Et certaines pressions ou mouvements sont à éviter en cas de fièvre élevée ou d’hémorragie. Un avis médical est conseillé en cas de maladie chronique (notamment avec des problèmes touchant le squelette ou les articulations), de maladies de la peau ou pour les femmes enceintes.
Mon expérience
Avec, entre autres, des tendinites régulières et une fatigue persistante, il est toujours difficile de trouver une activité qui me convienne. J’avais déjà tenté le yoga, mais les mouvements n’étaient clairement pas pour moi. J’ai découvert un peu par hasard le Qi Gong et le Do-In, en me disant « J’essaye et je verrai », d’autant que je fais relativement confiance aux traditions chinoises et aux fondements de leur médecine qui ont fait ses preuves depuis des millénaires.
Dès les premiers cours, j’ai été agréablement surprise pour plusieurs raisons.
Déjà, les mouvements sont doux, ce qui me convient très bien. Si besoin, je peux les adapter selon ma forme plus ou moins bonne du moment. Les enseignantes sont très cools sur ce point et prennent en compte chaque personne individuellement, pour peu que vous leur ayez parlé de votre pathologie avant. De plus, les mouvements sont faciles à faire, sans expérience (pas besoin d’avoir pratiqué depuis longtemps). Et une séance peut être loupée sans que cela n’impacte les suivantes.
Ensuite, ces pratiques allient aussi de la méditation et de la relaxation, ce qui permet une meilleure détente.
De plus, j’ai ressenti des bienfaits dès le début. Je ressors des cours à chaque fois plus calme et je m’endors plus facilement pour la sieste (ou la nuit) qui suit.
Enfin, et c’est une chose non négligeable : cela entretient le lien social, qui fait souvent défaut avec nos maladies de l’histamine ou des mastocytes.
Tout cela fait du Qi Gong et du Do-In un melting-pot très complet.
Je ne peux alors que vous encourager à tester un cours près de chez vous !
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– « Qigong: What You Need To Know », National Center for Complementary and Integrative Health
– « Qu’est-ce que le qi gong ? », Santé Magazine
– « Pourquoi pratiquer le taïchi chuan ou le qi gong lorsqu’on est malade ? », Vidal
– « Taïchi chuan et qi gong », Vidal
– « Qi gong », FFAEMC
– « Tai-Chi et Qi Gong : Quelles différences ? », Yoburo
– « Ki ou Qi, l’idéogramme », Shiatsu Fanny Roque
– « Tout savoir sur la technique de massage dô-in », Santé Magazine
– « Do In : tout savoir sur cette technique d’auto massage », Passeport Santé
– « Le Do-in », Thermes de Saujon
– « Le Do-In et ses bienfaits », Yoburo
– « Le DO-IN : Une technique d’automassage », Nutrivie
– « Comment trouver un bon Acupresseur », Therapeutes.com
– « Quels sont les 12 méridiens en médecine traditionnelle chinoise ? », Doctissimo
Pexels – Jben
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